Programme Nordika

Responsable de programme : Krzysztof Soloch

Présentation

Le programme Nordika est dédié à la région de la Baltique et du Grand Nord, une région clef de l’Europe souvent considérée, à juste titre, comme à l’avant-garde dans un grand nombre de domaines : gestion de crise, sécurité civile, questions énergétiques, R&D et innovation pour ne citer que quelques exemples. Ce constat contraste pourtant avec le peu d’attention qui est portée à cette région et notamment en France.

La FRS a donc souhaité établir un programme de recherche autour de cette région méconnue, programme articulé autour de publications, de séminaires et de conférences, et, à plus long terme, sur la mise en place d’un réseau d’experts et de think tanks. Il se consacrera à l’étude des enjeux nationaux, régionaux, européens et internationaux, économiques, politiques et sociétaux en relation avec la région.

Les études et manifestations du programme traiteront notamment de :

  • l’Europe du Nord et l’UE, une attention particulière étant portée à l’analyse de l’euro-scepticisme qui règne dans la région, plus particulièrement en Suède et au Danemark, lequel a néanmoins négocié un certain nombre d’exceptions après son rejet du Traité de Maastricht, mais également en Norvège, qui s’est prononcée à deux reprises contre l’entrée dans l’Union. Dans cette perspective, comment expliquer le positionnement de la Finlande, qui continue à jouer un rôle moteur au sein de l’UE ?
    Se pose aussi en parallèle la question des indépendances et des autonomies. Ainsi, alors que le Groenland des Inuits a fait un pas vers son indépendance, les habitants de ce territoire ont très majoritairement voté en faveur d'un plan d'autonomie vis-à-vis du Danemark.
  • les questions énergétiques et environnementales, plus particulièrement de la construction du Nord Stream, le partenariat stratégique Norvège-UE, le captage du C02 (où la Norvège joue un rôle pionnier), les perspectives de développement du gaz naturel liquéfié, la question des infrastructures nucléaires, les regroupements industriels dans les secteurs gazier et pétrolier et celui du raffinage.
  • les questions de sécurité, en relation notamment avec la présence militaire russe dans le Grand nord, la situation particulière de Kaliningrad, ou encore la perception spécifique de la menace par les Etats baltes après la guerre russo-géorgienne, très différente de celle de la majorité des États membres de l’UE.

Contexte

Les enjeux stratégiques de l’Europe du Nord

Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, les pays nordiques ont multiplié les initiatives pour former un ensemble régional susceptible de rivaliser avec les autres regroupements régionaux qui se constituent en Europe et leur permettre de peser plus fortement sur la scène internationale. En vain ! Ces initiatives ont systématiquement échoué dès lors qu'elles empiétaient sur les intérêts fondamentaux des Etats : la défense et la sécurité, l'économie, la politique extérieure.

Le changement du contexte géostratégique, au début des années 1990, a permis, mais également imposé, aux pays nordiques de redéfinir leur rôle dans un monde devenu multipolaire. Toutefois, conséquence de l'échec des tentatives d'union des années précédentes, et en dépit d'un regain de la coopération en Mer baltique, l'avenir des pays nordiques dépend désormais des décisions individuelles des Etats.

Pendant un demi-siècle, la Guerre froide a servi les intérêts de l'Europe du Nord. Certes, elle a compromis l'émergence d'une organisation régionale (le Conseil nordique) mais l'existence en son sein de membres de l'Alliance atlantique et de pays neutres, dont l'un - la Finlande - ne pouvait agir en toute indépendance vis-à-vis de l'Union soviétique, l'a transformée en une enceinte privilégiée des relations est-ouest : zone de séparation, zone tampon, zone de basse pression (elle a reçu tous les qualificatifs possibles). Son importance stratégique et diplomatique dépassait alors son poids réel sur la scène politique internationale. La diversité des États de la région, qui regroupait des pays inscrits dans des sphères d’influence opposées et deux Etats neutres liés chacun de manière plus ou moins directe à l’un des deux blocs, a favorisé la création d’un équilibre salutaire connu par la suite sous le nom d’« équilibre nordique».

La Guerre froide terminée, les pays nordiques ont vu décroître l'intérêt porté à leur région. Les Etats-Unis ont retiré la majeure partie de leurs troupes du Groenland et d'Islande, progressivement privés d’intérêt stratégique, alors que le rôle de médiateur des Etats neutres perdait rapidement de sa pertinence. Cette évolution a affecté différemment les pays du Nord. Si le Danemark, l'Islande et la Norvège demeurent solidement amarrés à l'Alliance atlantique, la Suède et la Finlande ont commencé à s’interroger sur la pertinence de leur statut de neutralité. Dans le même temps, de nouveaux risques se sont substitués aux anciennes menaces, tels la dégradation écologique de la Mer baltique, le retraitement des infrastructures nucléaires militaires et civiles héritées de l’Union soviétique (à l’image des bases de sous-marins nucléaires de la presqu'île de Kola ou la centrale nucléaire de Sosnovy Bor, de type Tchernobyl), l'immigration clandestine ou les criminalités transnationales.

Les pays scandinaves ont développé le concept de la régionalisation des questions de sécurité comme réponse à ces nouveaux défis. Ainsi, l’initiative de l’Europe du Nord, lancée par les Etats-Unis a joué un rôle important dans la « désensibilisation » de la question de l’élargissement de l’OTAN aux pays baltes et a permis de développer une coopération régionale souple qui date des années 1950. Le Conseil nordique a été établi en 1952 pour la coopération parlementaire et le Conseil nordique des ministres pour celle entre les gouvernements en 1971. Au cours des années, cette coopération nordique a produit des résultats très concrets. Le marché commun du travail, l’accord sur les services sociaux réciproques et l’union nordique en matière de passeports sont des exemples de grands projets réalisés bien avant la création du marché intérieur. Face aux défis de la mondialisation, des avancées technologiques et de la compétitivité croissante des économies émergentes, les pays nordiques ont mis en place des politiques communes qui leur ont permis d’être à la pointe en matière de recherche, de développement et d’innovation.

Les participations à l’UE et à l’OTAN : Une géographie variable et un tableau complexe de participations

Le Nord de l’Europe a fait son entrée dans le dispositif communautaire en 1973 (entrée du Danemark dans la CE, aux côtés du Royaume-Uni ; premier référendum négatif en Norvège), puis en 1995 (entrée des pays de l’AELE Suède et Finlande ; deuxième référendum négatif de la Norvège) et enfin en 2004 (entrée des trois Etats baltes Estonie, Lettonie et Lituanie). Grâce aux initiatives finlandaises, la dimension nordique de l’UE s’est considérablement développée dans les années 1990. Toutefois, le tableau demeure contrasté quant à l’adhésion au projet communautaire : la population norvégienne a rejeté à deux reprises l’entrée du pays et l’euroscepticisme suédois demeure très marqué. Le Danemark, après avoir rejeté le Traité de Maastricht, a pu obtenir des exemptions très importantes, comme sa non-participation à la troisième phase de l'UEM ou dans le domaine de la défense. Le cas de la Norvège démontre cependant l’attrait exercé par les mécanismes de coopération communautaires, celle-ci étant intégrée à l’Espace Economique Européen et participant aux politiques les plus avancées de l’UE, telles que l’espace Schengen.

Concernant l’OTAN, la Norvège et le Danemark font partie des Etats fondateurs (1949), et les trois Etats baltes ont rejoint l’organisation en 2004. Les autres pays de la région tiennent à leur neutralité, bien que celle-ci fasse l’objet d’un débat constant. En 1994, deux pays de tradition neutre, la Finlande et la Suède, se sont engagés dans le Partenariat pour la paix (PPP), ensemble de programmes bilatéraux de coopération pratique avec l’OTAN. Tout en demeurant non-alliés, les deux pays sont très actifs dans cette structure, où, par-delà leurs spécificités, ils nourrissent des objectifs similaires.

Les enjeux économiques

Des changements importants sont en cours au Grand Nord qui auront un large impact sur les affaires internationales. La fonte rapide de la calotte glaciaire arctique va aiguiser les appétits pour le contrôle des richesses de la zone. Le retrait progressif de la banquise, qui s’est encore confirmé cet été, va aussi permettre d’ouvrir les fameux passages du Nord-Ouest et du Nord-Est, et faire ainsi gagner des milliers de kilomètres aux navires marchands qui circulent entre l’Atlantique et le Pacifique. Les risques d’accident et de pollution augmentent considérablement.

La crise économique, qui a frappé les Etats-Unis, puis l’Europe, bouleverse également la situation dans le Nord de l’Europe, poussant l’Islande à envisager l’adhésion à l’UE, qu’elle avait jusqu’alors catégoriquement rejetée.

La région nordique/baltique constitue à l’heure actuelle un carrefour d’hétérogénéité. Si les pays sont tous peu peuplés (la Suède étant le plus important d’entre eux avec 9 millions de personnes), les revenus par habitant sont environ dix fois inférieurs à la moyenne régionale dans les trois Etats baltes. Les conséquences de ces différences sont évidentes et le débat sur le dumping social est important.

Axes de recherche

  • Fournir une expertise fondée sur les travaux de chercheurs de la FRS et de la région, sous la direction du responsable scientifique du programme.
  • Offrir une meilleure visibilité aux pays de la région, à travers des publications et des manifestations régulières (séminaires, petits-déjeuners débats, conférences) et un lieu d’échanges et de débats entre analystes, décideurs et entreprises européennes et locales. Les réunions de travail seront organisées successivement à Bruxelles, à Paris et dans les pays de la région par la FRS.
  • Contribuer, grâce à ces activités, à l’établissement d’une meilleure appréhension des enjeux de la région et apporter une aide à la prise de décision, notamment des entreprises, en mettant en place une démarche prospective tant dans le choix des thématiques que dans les analyses, et en offrant des mini-notes réactives sur l’actualité.

Nordika se décline en trois volets :

  • Enjeux stratégiques et de sécurité. Il s’agit de réfléchir sur le concept de régionalisation des questions de sécurité :
    • Les enjeux qui se dessinent en Mer de Barents (soutien norvégien à la défense de l’Islande et question des ressources énergétiques). Dans ce contexte, il est intéressant d’analyser la mer de Barents comme un espace de coopération internationale.
    • Les relations entre les Etats de la région et la Russie (relations avec les pays baltes, militarisation de Kaliningrad, sécurité nucléaire, etc.)
    • Le programme Civil Security and Crisis Management lancé par la Suède, qui offre une réelle plus-value en matière de gestion des crises. Dans ce contexte, il s’agit d’explorer les perspectives d’une nouvelle approche dans la coopération entre l’UE et l’OTAN.
    • La gouvernance du Grand Nord. Trois questions feront l’objet d’une analyse poussée : la coopération avec la Russie, les ressources naturelles dans le contexte de la sécurité énergétique de l’UE, les changements climatiques.
    • Les perspectives des relations transatlantiques.
  • Energie et Environnement. Cette partie du programme portera sur la question du développement des réseaux énergétiques transeuropéens à partir de l’exemple du réseau NORDEL, qui regroupe les pays scandinaves :
    • la place à venir des énergies non pétrolières, question largement débattue dans les pays scandinaves. Sera abordée la question des infrastructures nucléaires et des énergies renouvelables, mais également le rôle particulier de la Norvège et ses relations avec l’UE et avec la Russie (notamment sur les programmes de captage du CO2 ou l’exploitation des ressources dans les conditions difficiles avec Sleipner).
    • le réchauffement climatique et la fonte des glaces. Bien que cette dernière offre de nouvelles perspectives, comme l’ouverture de nouvelles routes maritimes ou encore l’exploitation de nouvelles ressources énergétiques et matières premières, elle pose de réels problèmes en termes de protection de l’environnement, notamment dans le contexte de la sécurité du transport maritime.
    • La question de la construction du gazoduc Nord Stream sous la Mer Baltique, qui a divisé les pays de la région et a provoqué des tensions entre la Russie et la Suède. Dans ce contexte, les analyses prendront en considération la question de la sécurité et de la dépendance à l’égard des ressources pétrolières et gazières russes, et tiendront compte des programmes européens portant sur les énergies renouvelables.
    • la question de la protection de la Mer Baltique, l’une des mers les plus polluées au monde et qui fait l’objet de programmes de coopération régionaux, notamment dans le cadre du Conseil des États de la mer Baltique.
    • La coopération arctique et les récentes querelles entre la Russie et les pays occidentaux concernant l’Arctique.
  • Volet communautaire. La question des relations entre les pays du Nord et baltiques d’un côté, et le projet communautaire de l’autre, constitue le troisième volet de la recherche. Seront notamment abordés :
    • La question de la gouvernance de la relation, des institutions en charge, notamment dans le contexte de la double crise, économique et identitaire, à laquelle l’UE fait face depuis quelques années.
    • Les différentes approches de l’intégration européenne.
    • Le fonctionnement Schengen, remis en cause par plusieurs pays membres.
    • Les enjeux de la relation entre l’UE et les Etats membres de l’Association européenne de libre-échange, notamment dans le domaine de la pêche ou de la protection de l’environnement (Grand Nord).
    • Le développement de la coopération entre l’UE et le Conseil de l’Arctique.
    • La politique de l’UE à l’égard de la Russie et le rôle de la Dimension septentrionale de l’UE
    • Le développement des projets communs entre le Conseil des Ministres Nordique et l’UE.

La mise en place du réseau Nordika

La FRS prévoit la mise en place d’un réseau d’experts et de décideurs politiques et économiques susceptibles d’être associés aux travaux du programme. Le réseau bénéficiera du soutien des multiples contacts de la FRS dans la région, tant au niveau gouvernemental que non gouvernemental.

Une des ambitions du programme Nordika est la constitution d’un réseau spécifique, apte à aborder les différentes problématiques liées à la région dans leur globalité et dans leur spécificité.
Ces partenaires ne se limiteront pas aux think tanks mais comprendront aussi des universités, médias, fondations, etc. Ceux-ci proviendront tant des pays de l’Europe du Nord que des voisins et des puissances influentes.
Seront sollicitées notamment les institutions locales, comme le Conseil Nordique, le Conseil Arctique ainsi que le Conseil de Barents.

Les réunions du réseau prendront la forme de communiqués scientifiques et d’exposés à des conférences et des colloques scientifiques, ainsi que de tables rondes avec des décideurs politiques et économiques, médias régionaux et locaux et la société civile. Les manifestations se dérouleront non seulement à Paris, mais aussi dans la région, dans les institutions partenaires du réseau.

Le programme tiendra annuellement une réunion restreinte de haut niveau qui portera sur les perspectives de la région, sous l’angle d’un sujet d’importance opérationnelle pour les Etats de la région. Cette réunion aura lieu à Paris.

Publications

The Russian-Ukrainian War and European Security

Le principal objectif de cet article est la mise en évidence le fait que la guerre russo-ukrainienne n’est pas, comme certains observateurs ont tendance à croire, un conflit temporaire à la périphérie de l'Europe, mais un défi majeur et sérieux pour la communauté occidentale et pour la sécurité européenne et plus particulièrement pour les voisins occidentaux de la Russie. Dans ce contexte, sans une réponse concertée, robuste et complet de l'OTAN et l'UE, ainsi que de ses Etats membres, leur sécurité et leur cohésion pourraient être remise en question.

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Great Unfulfilled Expectations: Russia’s Security Dialogue with Europe

Reconstruction of the European security architecture, within the framework of the multipolar world, remains one of the constant aims of Russia’s foreign policy. Moscow aims at strengthening its position in Europe by increasing its influence on European decision-making processes, reducing the American influence in Europe and eradication of the indivisibility of transatlantic security. Different approaches to common security issues (missile defense system, NATO expansion, frozen conflict resolution) are a the key obstacle to boosting security relations between Russia and Europe.

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Russia and the Nordic region: challenges and prospects for cooperation between the EU and Russia

The article argues that it is in Russia’s interests that current security constellation in the Nordic region is maintained. Russia opposes NATO enlargement, but wants to ensure that internal stability of the region is preserved. Russia is also interested of joint technology projects with the Nordic countries that may server modernization of Russian economy. Yet, Russia’s attempts to project its power abroad may, in fact, undermine the status quo. It cannot be excluded that in the future inter-regional cooperation will be repoliticized in one form or another and further marginalized. Much depends on Russia’s internal development and whether the threat perceptions diverge even further apart.

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Arctique : perspectives stratégiques et militaires

Alors qu’elle était au cœur de la confrontation soviéto-américaine au temps de la Guerre froide, la région arctique avait, depuis 1990, disparu des débats stratégiques. Depuis le milieu des années 2000, elle attire de nouveau l’attention. Trois facteurs séparés, mais partiellement liés les uns aux autres, y ont contribué : les besoins grandissants en hydrocarbures [...]

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Le Canada et la zone arctique : Enjeux stratégiques et réponses capacitaires

L’intérêt stratégique renouvelé du Canada pour le Nord de son territoire est fondé sur le potentiel économique lié aux ressources des espaces sous-marins (hydrocarbures, minéraux) et l'hypothèse de l'ouverture du passage du Nord-Ouest. Si il existe une dimension militaire que cela sous-tend - la politique arctique canadienne doit également être analysée au regard de la politique intérieure et de l'orientation politique du gouvernement.

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Nordic Defence cooperation: Background, current trends and future prospects

Nordic defence cooperation is clearly an upward trend. In 2009, the Nordic states merged their existing defence cooperation arrangements into a single structure, the Nordic Defence Cooperation (NORDEFCO). Under the auspices of NORDEFCO, the Nordic states currently cooperate in Afghanistan, conduct joint exercises and compare their national development plans in order to identify capabilities that could be commonly developed and maintained. The current level of defence cooperation between the Nordic countries represents a break with the past. During the Cold War, foreign and security policy issues were largely excluded from the Nordic agenda due to the Nordic states’ different security policy choices. The Nordic states did, however, cooperate in the framework of UN peace support operations.

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Entre Londres et Berlin : le difficile rééquilibrage stratégique français et son impact sur la Politique de Sécurité et de Défense Commune (PSDC)

Plus de deux ans et demi après la signature des ambitieux traités de Lancaster House, l’heure est au bilan pour le partenariat franco-britannique. Des progrès importants sont à noter, notamment sur les plans institutionnel et opérationnel en raison de plusieurs exercices bilatéraux et de missions communes en Libye et au Mali. Toutefois le contexte d’austérité budgétaire – un important facteur en faveur du partenariat bilatéral il y a trois ans – a posé problème (cf. décision britannique concernant le F35), tout comme le partage du renseignement.

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Visegrad Group defense cooperation: what added value for the European capabilities?

In the last few years, especially after the introduction of the smart defense initiative on NATO agenda and similar in character pooling & sharing initiative within EU CSDP framework, countries of V4 have manifested strong interest in intensification of their cooperation in the realm of security and defense. It is by no means the first time when Poland, Hungary, Czech Republic, Slovakia try to develop such ties – efforts to establish and then stimulate their subregional cooperation in context of military and defense were triggered almost since the very beginning of Visegrad Group.

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Synergies between EU and NATO? Specialisation as the litmus test for “Smart Defence” and “Pooling and Sharing”

La spécialisation est une des idées clés des concepts de Smart Defense (OTAN) et de Mutualisation et de Partage des capacités (UE). Néanmoins, beaucoup de pays refusent de se spécialiser sur certaines capacités militaires et d’en abandonner d’autres, par crainte de voir leur souveraineté réduite et leur dépendance des partenaires intensifiée. Ils ignorent également les synergies qui pourraient naître du fait que l’Otan et l’UE s’engagent dans de tels projets comparables. L’austérité financière a déjà provoqué des spécialisations, qui toutefois manquent de coordination. Cet article explore la spécialisation en tant que phénomène qui jusqu’à ce jour reste peu cerné mais qui va néanmoins façonner les armées européennes de demain. Par ailleurs, il explique comment l’UE et l’Otan peuvent mettre en œuvre la spécialisation dans ses dimensions politique et militaire.

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NATO Military Partnerships: The US National Guard State Partnership as the driving force for pre-accession and long-term cooperation

La faiblesse des États et leurs transitions démocratiques ont toujours remis en cause la sécurité et la stabilité régionale et internationale. En Europe, certaines forces armées ont bénéficié avec succès du programme américain d'assistance opérationnelle « State Partnership Program ». À l'avenir un tel instrument pourrait être un vecteur d’influence multidimensionnelle important en matière de coopération militaire pour les Combatant Commands et l’OTAN dans de nombreuses parties du monde.

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