La révision de la stratégie américaine en Afghanistan

Nicole Vilboux, 22 août 2017

Synthèse

La révision de la stratégie américaine pour l’Afghanistan s’est imposée comme une nécessité dès l’arrivée de Donald Trump à la Maison blanche ; ce pour deux raisons :

  • D’une part la perception d’une dégradation de la situation sur le terrain conduisait le Commandement des forces américaines (USFORA) à réclamer des moyens d’action supplémentaires dès la fin 2016. L’Administration Obama a alors décidé de laisser le choix de revoir les modalités d’engagement à ses successeurs ;
  • D’autre part, les critiques émises par le candidat Trump durant la campagne électorale laissaient présager une remise en cause de la stratégie.


Les experts civils, comme les rapports du DoD ou de l’ONU, présentaient en début d’année 2017 la situation de l’Afghanistan de manière plutôt préoccupante. Qu’il s’agisse du contexte régional ou de la situation stratégique et politique intérieure, les conditions sont encore loin d’être réunies pour permettre aux États-Unis de considérer leurs objectifs en Afghanistan comme atteints.

Cependant, le conflit n’apparaît pas comme une priorité du nouveau Président, accaparé par des difficultés intérieures et d’autres crises internationales. Mais la révision de la politique afghane reste en arrière-plan et devient au cours de l’été un « boulet » pour l’Administration, dans la mesure où elle semble incapable de produire la stratégie annoncée. Les divergences et dysfonctionnements au sein de l’Administration ralentissent le processus, d’autant plus que Donald Trump utilise son pouvoir décisionnel comme un frein à l’adoption d’une stratégie qu’il juge insatisfaisante et dont il hésite à endosser la responsabilité.

Mi-août, le Secrétaire à la défense affirme que l’on est « proche » de la décision, tout en admettant que toutes les options sont encore en discussion. Elles se résument à trois possibilités :

  • Un retrait complet ;
  • Un désengagement militaire partiel, compensé par l’envoi de forces de sécurité privées et la prise en charge du contre-terrorisme par la CIA ;
  • Une augmentation (jusqu’à 15 000 personnels) du contingent américain pour une durée indéterminée.

Quelle que soit l’option, la complexité des enjeux locaux et régionaux n’offre pas au Président de perspective de succès assuré, ce qui semble difficilement acceptable par un « entrepreneur » habitué à conclure des accords aux bénéfices calculés. Le Président laisse donc longtemps ouvertes des voies peu « orthodoxes », avant de se résoudre à suivre l’avis majoritaire au sein du NSC, en renforçant la présence américaine. La nouvelle stratégie présentée le 21 août laisse toutefois de nombreux détails à préciser, sans apporter de réelle rupture avec l’approche actuelle. Et même si l’annonce met un terme à une période d’incertitude, certains experts craignent que le temps perdu lors des délibérations de l’été n’ait aggravé la situation sur le terrain. [...]

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