Invisible nuclear-armed submarines, or transparent oceans? Are ballistic missile submarines still the best deterrent for the United States?

Owen R. Cote Jr, bulletin n°62, février 2019

Alors que la Navy américaine a engagé des recherches pour la création d’un nouveau modèle du sous-marin Columbia pour la somme de 128 milliards de dollars, un débat s’élève sur le bien-fondé de cet investissement. En effet, certains estiment que les progrès réalisés en matière de lutte anti-sous-marine rendraient les sous-marins de plus en plus difficiles à dissimuler et donc vulnérables. Pour Owen R. Cote Jr, la supériorité américaine dans ce domaine reste cependant, à ce jour, incontestée, et les SNLE Colombia conforteront la force de dissuasion américaine.

L’auteur rappelle que pendant la Guerre froide, les Américains ont énormément investi pour développer des SNLE de plus en plus discrets et rapides, et donc moins facilement détectables. En parallèle, ils ont mis en place un système de détection acoustique (Sound Surveillance System ou SOSUS), qui, dès 1964, leur a permis de détecter, dans tous les océans où il était installé, les sous-marins produisant des sons à basse fréquence. Ils ont alors acquis un avantage stratégique considérable sur l’ennemi soviétique ne possédant pas un tel système. Le système SOSUS est resté un monopole américain du fait de l’expertise technologique requise, mais également de conditions géographiques particulières permettant aux Américains d’avoir accès aux points stratégiques à proximité des eaux soviétiques. Afin de répondre à cette évolution technologique, l’Union Soviétique a développé des SLBM à très longue portée et adopté la stratégie du bastion, ce qui a contribué à immobiliser une grande partie de leurs forces sous-marines, y compris les sous-marins d’attaque, à proximité de leurs côtes, laissant ainsi l’avantage aux Américains en termes de maîtrise des océans.

Plus tard, les États-Unis ont développé le système « Reliable Acoustic Path » (RAP), qui présente l’avantage de détecter les sous-marins lorsqu’ils sont très proches ; ce qui implique une couverture moindre que celle de SOSUS. Pour l’instant, les Américains sont les seuls à avoir déployé cette technologie, et pour des raisons d’ordre géographique, les Chinois ne pourraient pas construire un système robuste mettant en danger la dissuasion américaine. La Chine est enclavée et ne peut quitter ses eaux territoriales sans passer par des goulets très surveillés par les systèmes de détection américains, ce qui limite considérablement la portée de ses armes. Les États-Unis peuvent en revanche circuler relativement librement dans le Pacifique et menacer le territoire chinois. Pour l’auteur, la flotte de SNLE américaine n’est donc nullement menacée par les avancées technologiques pour le moment. C’est également le cas pour d’autres puissances (France, Royaume-Uni) ou dyades nucléaires aux moyens de lutte anti-sous-marine limités (Chine-Inde, Inde-Pakistan).

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