Scalp EG / Storm Shadow : les leçons d’une coopération à succès

Recherches & Documents n°09/2018
Jean-Pierre Devaux, Richard Ford, septembre 2018

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Sommaire

INTRODUCTION

1. L’ELABORATION D’UNE CAPACITE AMBITIEUSE

  • 1.1. La genèse
  • 1.2. Une capacité militaire ambitieuse
  • 1.3. La concurrence

2. L’EMERGENCE D’UN LEADER INDUSTRIEL

  • 2.1. Les grandes manœuvres industrielles
  • 2.2. Une gestion de programme maîtrisée
  • 2.3. Une structure étatique purement nationale dans chaque pays
  • 2.4. Une incitation à la maîtrise des coûts

3. QUELS ENSEIGNEMENTS PEUT-ON EN TIRER ?

  • 3.1. Un produit pensé pour l’exportation
  • 3.2. Le programme a permis de maintenir une véritable autonomie opérationnelle
  • 3.3. L’art de faire converger le besoin par la solution
  • 3.4. La problématique de la maîtrise des coûts, des délais et des performances
  • 3.5. Une consolidation industrielle clef de voûte du programme

CONCLUSION


Introduction

Le missile Scalp EG« Système de croisière conventionnel autonome à longue portée et d'Emploi général ». L’emploi général marque la différence avec l’Apache spécialisé anti-piste. et son homologue britannique le Storm Shadow ont permis au Royaume Uni et à la France de se doter au début des années 2000 d’armes autonomes de frappe dans la profondeur modernes et très efficaces. Ces armes font de leurs armées de l’Air respectives des forces de premier rang aptes à entrer en premier sur un théâtre d’opération avec une solution capacitaire équivalente à celle proposée par les États-UnisLa capacité à considérer est celle d’un missile de croisière tiré d’un avion de combat de type Rafale ou Typhoon. La solution américaine correspondante est le F16 / JASSM-ER..

Coopération européenne multilatérale très particulière, le programme Scalp EG / Storm Shadow a atteint les objectifs ambitieux de chacun des deux pays :

  • Acquérir un avantage opérationnel dans un domaine traditionnellement dominé par les Américains, grâce à un programme missile tenu dans ses coûts et dans ses délaisL’acquisition de la capacité repose sur un programme missile, objet des appels d’offres, mais aussi d’intégration de ces missiles aux différents avions porteurs. Ces intégrations ne faisaient pas partie de l’appel d’offres et ont été commandées ultérieurement et le plus souvent séparément, la logique avion l’emportant. Le programme missile français est resté dans l’enveloppe prévue au marché (rapport parle-mentaire). Il semble que ce soit également le cas côté britannique pour le programme missile. Il est cependant plus difficile de déterminer si les intégrations du missile aux avions sont restées dans les budgets : elles étaient en effet noyées dans différents incréments de capacités avions et très étalées dans le temps. En particulier, toutes les intégrations n’ont pas été faites côté britannique (Abandon du Harrier)., sans remise en cause des quantités ;
  • Conserver une forte autonomie opérationnelle et industrielle dans un domaine stratégique des armements complexes, valorisant les capacités opérationnelles françaises et britanniques dans les opérations menées depuis 2003 et les offres européennes d’avions d’armes à l’exportation ;
  • Soutenir une rationalisation industrielle et technologique, permettant un maintien de compétences et la naissance d’un champion européen de taille mondiale dans le domaine des missiles.
  • Dans le contexte de la préparation du renouvellement de ces capacités, il est important de savoir si un tel modèle serait ou non reconductible pour des programmes futurs ou bien s’il n’est que le fruit de circonstances très particulières ne pouvant se généraliser.

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